François Hollande n’a jamais fait, à ce jour et à notre connaissance, de déclaration allant dans le sens du mondialisme. Par contre l’un de ses prédécesseurs à l’Élysée, si. Et cet ancien Président-là, n’est pas n’importe qui aux yeux de F . Hollande, puisqu’il s’agit de … François Mitterrand.

En mars 1989, lors de la Conférence de La Haye ( Pays-Bas ) sur le climat, le Président de la République d’alors avait en effet convaincu 23 pays ( dont 16 étaient représentés par leur chef d’État ou de gouvernement ) de signer une déclaration commune appelant à la création d’une « Autorité mondiale dotée de vrais pouvoirs de décision et d’exécution pour sauver l’atmosphère ».

Dans le cadre feutré et guère audacieux des enceintes internationales, c’était une « grande première », une sorte de révolution. À l’initiative de la France, 24 pays acceptaient, ce 11 mars 1989, de « déléguer une parcelle de leur souveraineté nationale afin de sauver l’atmosphère pour le bien commun de l’humanité tout entière ». 24 États vite rejoints par 19 autres, soit, au total, près du ¼ des pays membres de l’ONU : ce n’était pas rien !

C’était il y aura bientôt 25 ans, et il fallait déjà « réagir selon des procédures d’urgence » pour reprendre les mots mêmes du Président de la République. Depuis, on le voit tous les jours, la situation ne s’est pas améliorée … Bien au contraire !

Laurent Fabius, lui, a déjà tenu des propos on ne peut plus mondialistes. C’était en 1990, dans son livre C’est en allant vers la mer… Il y écrivait notamment :

« Fermeté, cohésion et imagination : assurément il en faudra pour passer du pressentiment qu’un nouvel ordre mondial est possible à sa réalisation durable. Le chemin à suivre est ambitieux : quand les problèmes sont devenus internationaux, les solutions ne peuvent plus rester strictement nationales. Cette mondialisation nécessaire de l’action vaut pour la lutte contre le surarmement, la pollution ou la faim, comme elle vaut pour le contrôle des manipulations génétiques ou pour le combat contre les multinationales de la drogue.

L’ Organisation des Nations Unies n’a pas encore été adaptée à ces tâches. Il le faudra : normes mondiales, incitations mondiales, sanctions mondiales, organisations mondiales.

L’ idée d’un gouvernement mondial peut paraître aujourd’hui lointaine et naïve. Il faudra pourtant qu’au moins dans un certain nombre de domaines capitaux pour la survie de l’espèce humaine des autorités mondiales soient mises en place, souvent dans des relais régionaux ».

Lors d’une réunion publique tenue cette année-là, Guy Marchand, l’un des fondateurs ( en 1949 ) et responsables du Centre français des citoyens du monde, avait interrogé l’auteur du livre sur ses prises de position mondialistes. Laurent Fabius avait alors réaffirmé que « les problèmes étant transnationaux, les solutions ne peuvent plus être nationales » et que, par exemple, « le problème nucléaire ne sera pas résolu sans une Autorité mondiale ».

Voilà qui est d’autant plus intéressant que Laurent Fabius, aujourd’hui ministre des Affaires étrangères, n’a jamais occupé une position politique aussi favorable pour faire entendre ses convictions mondialistes, en France mais surtout dans les Conférences internationales.