Constatant la dégradation croissante du littoral, l’acidification des mers, les ressources halieutiques qui peu à peu diminuent et le droit international constamment bafoué, les Citoyens du Monde soutiennent une campagne pour une Autorité Mondiale des Océans.

Il y a plus de quarante années que les mondialistes sont concernés par la situation de l’Océan mondial. En septembre 1973, c’est-à-dire avant même la rédaction de la Charte des Océans (voir en fin d’article), le Congrès des Peuples avait déjà publié une Déclaration à ce sujet. C’était à l’occasion d’un débat sur le Droit de la mer dans le cadre de l’Assemblée Générale des Nations unies.

Comme délégués élus au Congrès des peuples, directement et démocratiquement, par un corps électoral transnational réparti dans 110 pays,

Nous constatons que l’Océan mondial constitue un milieu vital essentiel pour la stabilité des climats et la répartition de l’eau sur la planète,

– contient des richesses énormes, mais non inépuisables, pour l’alimentation, les sources d’énergie, les matières pour l’industrie.

Nous constatons que l’Océan mondial, n’ayant pas de statut juridique propre, est l’objet de convoitises souvent effrénées des États-Nations que le risque est grand de voir ceux-ci découper à leur profit mers et océans.

– que le risque est grand également d’une pollution grandissante jusqu’à la destruction de cette richesse.

Nous déclarons que l’Océan mondial est un bien commun à tous les habitants de notre planète,et doit, de ce fait, être mis à l’abri d’une rapacité sans frein.

Nous demandons la mise en place d’une institution mondiale spécialisée, aux pouvoirs limités mais réels, capable d’imposer aux États les règles indispensables pour la survie de l’Océan Mondial et pour son exploitation en faveur de l’humanité entière.

Quelques élus signataires de la Charte des Océans : Gilles ARTIGUES, Christian BEAULAT, Jacques COTEL, Roland COURTEAU, Michèle DELAUNAY, Brigitte BERGERON, Francis HILLMEYER, Joël LABBÉ, Jean-Yves LEDÉAUT, Daniel LEFORT, Michel MARCZAK, Dominique MATHIEU-VÉRITÉ, Alain VACHER, François VOGT, André WETTER,

Ces personnes se sentent donc préoccupées par la situation de plus en plus dramatique qui prévaut dans ces vastes étendues de la planète inhabitées, ou si peu, par les humains. Alors qu’il n’y a aucun enjeu électoral à la clef (puisque les poissons ne votent pas…) c’est tout à leur honneur d’avoir signé cette charte. On sait que le destin des pionniers, des précurseurs, est de se fondre dans l’anonymat aussitôt qu’une idée neuve émise par eux entre peu à peu dans presque toutes les pensées, qu’elle se banalise. C’est une vérité mais c’est dommage.

C’est pourquoi, lorsqu’une Autorité Mondiale des Océans aura vu le jour – sous une forme ou une autre, c’est inévitable – les mondialistes n’oublierons pas qu’en France, quinze élus, quinze précurseurs, avaient, les premiers, appelé de leurs vœux à la création de cette Autorité. Rien que pour cela, leurs noms mériteront d’être affichés en bonne place dans le hall d’accueil de cette future institution supranationale.

Nous remercions tous les citoyens du monde qui ont participé – dès 2010 lors de la participation à la Route du Rhum – et qui participent encore à cette campagne en faveur des océans, laquelle campagne n’est en effet pas terminée : retrouvez prochainement dans la rubrique « Océan Mondial » les projets qui seront portés par notre association pour l’année 2018.

La Charte des Océans

En 1974, un groupe de rédacteurs mondialistes, parmi lesquels Alain Bombard, Thor Heyerdahl et Théodore Monod, ont rédigé une Charte des Océans dont voici les principaux extraits :

Principe fondamental : en aucun cas les océans ne pourront être utilisés à des fins non-pacifiques.Les océans comprennent la zone côtière et la haute mer.

La zone côtière est soumise à l’autorité des Etats riverains dans les conditions fixées par la présente charte, les traités et les autres règles générales du Droit International. Au-delà de 12 milles, l’étendue et le régime de la zone côtière seront éventuellement déterminés par l’autorité supranationale dénommée ci-après l’Autorité.Au-delà de la zone côtière, la haute mer, le fond des océans – y compris le plateau continental – sont placés sous le contrôle effectif de l’Autorité.

L’Autorité pourra éventuellement déléguer une partie de ses pouvoirs à un Etat, un groupe d’Etats ou une organisation internationale ou mondiale, gouvernementale ou non-gouvernementale.

La recherche scientifique dans les océans doit être libre.

Dans la zone côtière, elle doit être administrée par les Etats riverains, sauf pour ces derniers à obtenir de l’Autorité une décision l’interdisant, la réglementant ou la suspendant.Les autorités des Etats riverains sont admises à participer aux recherches.

L’exploitation des océans en dehors de la zone côtière se fera seulement avec l’accord de l’Autorité. L’Autorité veillera à soustraire à une exploitation privative les ressourcesnon renouvelables.

L’exploitation des richesses alimentaires des océans se fera sous contrôle de l’Autorité compte-tenu de l’importance de ces richesses et de la nécessité de leur renouvellement constant.Dans la zone côtière, l’exercice des droits de pêche individuels sera sauvegardé.

L’exploitation industrielle des océans en dehors de la zone côtière est subordonnée à l’octroi d’une licence par l’Autorité. Les redevances perçues devront être partiellement affectées à des fins de développement des régions défavorisées et de secours humanitaires.

L’Autorité participera au maintien de la liberté de navigation, y compris dans les détroits et canaux servant à la navigation internationale.L’Autorité veillera à ce que l’exploration et l’exploitation des océans respectent l’environnement. Elle prendra les mesures nécessaires pour prévenir et combattre toute forme de pollution.

L’assemblée [ qui sera à l’origine de la Convention Constitutive de l’Autorité ] sera composée de représentants des Etats, des organisations mondiales, internationales, gouvernementales et non-gouvernementales représentatives des intérêts de la communauté des peuples.

La convention constitutive de l’Autorité fixera ses pouvoirs, sa structure et les modalités de son fonctionnement.L’organe de décision de l’Autorité sera un conseil de gouverneurs élus par l’assemblée..