Des animaux marins échoués par milliers, une pullulation d’algues toxiques générant une désastreuse marée rouge sur les côtes du sud du Chili : c’est le résultat du rejet dans les océans de près de 5000 tonnes de saumons en putréfaction, rejet effectué en toute légalité avec l’autorisation des pouvoirs publics chiliens… Des mollusques échoués par milliers ainsi que d’autres espèces d’animaux marins se sont échoués sur près de 300km de plages offrant une situation dramatique pour l’activité de tous les petits pêcheurs professionnels de la région.

Un rapide retour en arrière :

– Introduit par l’homme dans les eaux du Pacifique pour l’élevage il y a quelques dizaines d’années, le saumon est maintenant victime de la bactérie Piscirickettsia qui a décimé les quatre cinquième des saumons chiliens en 2015.

– Déversement de saumons en putréfaction entre le 14 et 28 mars 2016.

– Le 21 avril, la région est déclarée officiellement zone victime de la marée rouge.

– Le 24 avril, les animaux marins morts se répandent par millions sur la plage de Cucao sur une distance de cinq kilomètres.

Le déversement de ces saumons en putréfaction, associé à un usage disproportionné des antibiotiques au Chili soit 50.000 pour 100 – cinquante mille pour cent oui vous avez bien lu en comparaison de ce qui est pratiqué en Norvège (sic!) et comme l’écrit Le Monde – a probablement abouti à ce dramatique résultat.

Actuellement, un recours de protection a été présenté par les pécheurs de la région et accueilli comme recevable par la Cour Suprême. La défense de ce recours va passer devant les tribunaux aux alentour d’avril 2017. Ce recours s’attaque la responsabilité du Service National de Pêche, du ministère de l’environnement chilien, de la marine chilienne et des éleveurs de  responsables du déversement de ces saumons. Nous ne manquerons pas de vous informer des suites données par la Cour Suprême.

Le Chili est le  deuxième producteur mondial de saumon derrière la Norvège. Ce poisson d’élevage se retrouve dans les assiettes des consommateurs du monde entier et principalement au Japon, en Russie, au Brésil ou aux Etats-Unis. Et c’est bien à ce niveau que la situation se présente dans toute son absurdité : faire voyager à travers la planète des tonnes de saumon, de plus dont la qualité sanitaire est douteuse et au détriment de la vie locale des habitants de l’Ile de Chiloé, est-ce vraiment raisonnable ?

Les pêcheurs chiliens cherchent le soutien de spécialistes océanographes ou biologistes marins qui puissent les aider bénévolement à démontrer le bien-fondé de ce recours.

La rédaction

Retrouvez Mario Casassus, membre du CA de « Citoyens du Monde »dans la « Tête au carré » de Matthieu Vidard :

https://reporterre.net/Reporterre-sur-France-Inter-Au-Chili-une-meurtriere-maree-rouge-liee-a-l

à lire également dans les colonnes du « Monde » :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/08/05/le-saumon-chilien-veut-s-alleger-en-antibiotiques_4978790_3244.html