Presque une semaine après l’arrivée de Jean-François Lilti au bout de la Route du Rhum, nous souhaitons rendre hommage à la mémoire de Raoul Gimonneau, aîné des mondialistes de France qui s’est éteint le 23 novembre dernier.

Fin août, ce rochelais de 95 ans avait pris contact avec nous pour saluer l’engagement de Jean-François Lilti au service de l’Océan Mondial et l’encourager à sensibiliser la jeunesse aux enjeux environnementaux. « Je suis prêt à distribuer des tracts », avait-il alors précisé. Surpris et émus par l’énergie de cet homme, nous avions entamé une correspondance.

Faisant plus ample connaissance au fil des mots, nous avions alors pu mesurer tout le précieux de cette rencontre: les jeunes de l’École Diagonale voulaient s’engager, emprunter le flambeau de leurs aînés citoyens du monde mais l’entrée en militantisme représentait un saut angoissant vers l’inconnu ; Raoul, lui, désirait « transmettre une dernière fois » la philosophie qui l’avait animé toute sa vie mais il se heurtait à des « blocages d’appareils » auprès des politiques locaux auxquels il s’adressait. Tout indiquant que nos chemins n’avaient attendu que de se croiser, Raoul avait alors accepté de nous servir de guide.

Il nous avait ainsi reçu en sa demeure de Tonnay-Charente, son « Oasis » comme l’annonçait le porche de sa maison. Là, il nous avait raconté sa vie militante et confié les ressorts profonds qui l’avaient conduit à s’investir au service de la planète et de ses « frères et soeurs en humanité ». La générosité, l’humilité et l’intelligence de ce touche-à-tout flamboyant (auteur, peintre, sculpteur, jardinier, etc.) nous avait alors absolument fascinés et bouleversés. Chez Raoul Gimonneau se croisaient 60 ans d’engagement, 95 ans d’Histoire, et une vie de fraternité. Tout en cet homme était une main tendue, un regard affectueux, un sourire d’encouragement. Nous l’avions enfin trouvé, ce Citoyen du Monde, bienveillant et éternel !

Quelques jours avant le départ de Jean-François Lilti pour Pointe-à-Pître, Raoul lui avait adressé une peinture qu’il avait réalisée pour l’occasion, une oeuvre d’encouragement appelée à traverser l’Atlantique aux côtés de notre skipper. Comme nous tous, Jean-François en avait été très touché. Raoul avait suivi les premiers jours de course, s’inquiétant de l’état de santé du marin après qu’une chute l’avait handicapé au plus dur de la tempête. « Un petit mot pour me rassurer », demandait-il lors d’un ultime échange de mails. Nous avions fait au mieux pour le rassurer, espérant pouvoir lui apporter de meilleures nouvelles les jours suivants.

Et puis, Raoul Gimonneau s’en est allé…

Fortement éprouvés par sa disparition, il nous incombe de nous interroger sur la meilleure façon d’honorer sa mémoire. Ne laissons pas notre tristesse ternir le sourire, l’optimisme inaltérables de cette figure tutélaire. Pour nous hisser à sa hauteur, marchons dans ses pas, portons haut nos valeurs communes et relayons, amplifions sa voix !

Raoul avançait une merveilleuse proposition pour la ville de La Rochelle: la faire labelliser « Territoire de l’humanité ». Il avait contacté la mairie de la commune et lui avait fait parvenir un dossier précis relatif à ce projet. Il souhaitait en outre solliciter le député Olivier Falorni pour incarner cette proposition. Raoul parti, à nous de poursuivre son oeuvre et de fédérer les consciences autour de son rêve pour la ville de La Rochelle !

Nous vous reparlerons de ce projet, mais en attendant, ayons tous une pensée chaleureuse pour Madame Gimonneau, pour ses enfants, ses petits-enfants et pour tous les proches de Raoul. Qu’ils sachent que jamais nous ne l’oublierons. 

Enfin, un immense merci à toi, Raoul, toi notre aîné, toi notre boussole, toi notre « frère en humanité » ! Tes mots et ton souvenir nous accompagnent.

Julien Horville, Ecole Diagonale