Naviguant à une moyenne de 8 nœuds, Ecole Diagonale pour Citoyens du Monde pointe ce matin en cinquième position de la classe rhum Multi derrière Pierre Antoine toujours en tête.

Une douleur au dos a obligé Jean-François à consulter à deux reprises le médecin de course. Il a décidé de mettre son catamaran à la cape – réglage des voiles permettant de ralentir l’allure – et ainsi tenter d’apaiser la douleur.

Toutefois, ce mercredi 7 novembre à 9h33, sa décision est de continuer.

A presque J+3 et affaibli par le manque de sommeil, Jean-François continue donc de mener son voilier à travers cette mer hostile. Il devrait dans les prochaines heures croiser au large de Cap Finisterre. Les conditions qui vont probablement s’améliorer avec des vents plus stables lui offriront ainsi la possibilité d’envisager ces indispensables micro-siestes de récupération.

Durant de longues heures, les marins de cette 11ème Route du Rhum ont affronté un fort coup de vent dans le golfe de Gascogne leur offrant un terrain de jeu dantesque. Avec des creux de près de huit mètres et des vents atteignant les 45 nœuds. Des décisions précises et de sang froid ont du être prises entre routeur à terre et skipper. Certains ont cassé puis furent contraints à l ‘abandon, d’autres ont choisi l’option de s’abriter dans le port le plus proche, Bretagne, Espagne ou Portugal pour ceux qui avaient pris le plus d’avance.

Plus d’une trentaine de voiliers sont maintenant arrêtés !

Dans ce décor de fin du monde, évidemment, le classement prend une importance secondaire. Difficile pour nous d’imaginer ce que Jean-François et ces dizaines de marins, derniers aventuriers du XXIème siècle,  viennent de vivre au cœur du Golfe de Gascogne. Peut-être même impossible mais ahurissant quoi qu’il en soit.

Didier Marchand