Océan Mondial : pour une nouvelle charte

Un catamaran sous la bannière citoyensdumonde.net sur la Route du Rhum

Oui, le départ aura bien lieu dimanche 4 novembre, sous la pluie, après quelques inquiétudes climatiques. Tandis que la Corse et l’Italie ont durement subi des tempêtes et inondations historiques quand d’autres ont été bloqués par la neige, Jean-François Lilti et son voilier « Ecole Diagonale pour Citoyens du Monde », s’apprêtent à défendre, comme en 2010 , une conception nouvelle de l’océan.
Une belle façon de célébrer le 70e anniversaire de l’association qui garde intact le projet mondialiste d’origine, et de soutenir, à nouveau, son projet de charte pour la préservation de l’océan. Preuve que l’inquiétude des écologistes et mondialistes ne date pas d’hier…

Cette Charte des Océans, très novatrice à l’époque, peut aujourd’hui paraître dépassée par certains aspects. Si l’esprit pacifiste et écologiste doivent perdurer, les enjeux se sont dramatiquement aggravés depuis sa rédaction en 1974. L’accélération générale des dégradations et abus demanderait sans doute un cadre plus dur que ce qui est proposé, car dans bien des cas la supranationalité côtière justifie ces abus. La complexité des droits maritimes appellerait à une clarification et à une unification drastique. La liberté de recherches scientifique, alors évidente parce que considérée comme toujours menée à bon escient et respectueuse de l’environnement, peut malheureusement générer des conflits d’intérêts et servir de prétexte à des activités plus mercantiles et moins respectueuses.
Enfin, l’état d’urgence actuel devrait justifier la mise en œuvre d’actions concrètes immédiates par une fédération de nations, sans attendre la lenteur des lois et traités.
Implicitement, dans ce texte, on perçoit cependant la volonté de considérer la souveraineté de la nature, celle d’une entité vivante dont l’homme n’est pas propriétaire, mais à laquelle il appartient. Cette notion essentielle correspond bien à l’esprit de l’écologie d’origine et sa compréhension reste la clé d’un renouveau. Nous sommes tous à l’océan.
Cette nouvelle charte des océans reste à concevoir, sous l’égide de juristes, de scientifiques, d’associations impliquées dans la protection des mers.